Histoire des mouvements de jeunesse
Histoire des mouvements de jeunesse

La nuit de l’orage : la naissance des auberges de jeunesse (Altena, 1909)

Gauthier Dupré

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Altena_Auberge-de-jeunesse_Richard-Schirrmann_IMAGO-Volker-Preußer_FB
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Nous sommes à la fin du mois d’août 1909. Richard Schirrmann, un instituteur prussien à l’esprit novateur, marche à travers la campagne avec sa classe. Fervent défenseur de l’école buissonnière au sens noble du terme, il est persuadé que les enfants s’épanouissent et apprennent bien mieux au contact direct de la nature, loin de la poussière des salles de classe.

Soudain, le ciel s’assombrit brutalement. Un violent orage d’été éclate, transformant la randonnée en déluge. La troupe, trempée jusqu’aux os, cherche désespérément un abri. Après avoir essuyé le refus d’un paysan local, l’instituteur et ses élèves épuisés finissent par trouver une école de village désertée. Ils s’y engouffrent pour se mettre au sec. Des lits de fortune sont improvisés à même le sol et les enfants, rassasiés et rassurés, ne tardent pas à sombrer dans un profond sommeil.

Richard Schirrmann, lui, ne parvient pas à fermer l’œil. Assis dans l’obscurité de cette salle de classe inconnue, bercé par la respiration régulière de ses élèves et le fracas de la foudre, son esprit s’évade. L’orage lui insuffle une idée lumineuse : et si, à l’image de cette école salvatrice, il existait un maillage de refuges simples, sûrs et peu coûteux à travers tout le pays ? Des gîtes conviviaux, espacés d’une journée de marche, où la jeunesse de tous horizons pourrait faire étape lors de ses pérégrinations ?

L’instituteur ne laissera jamais cette idée s’éteindre. Il milite, convainc, et trois ans plus tard, en 1912, ce rêve façonné par la foudre devient réalité. Dans les vénérables salles du château fort d’Altena, Schirrmann installe des lits superposés et inaugure la toute première auberge de jeunesse permanente au monde. Sans le savoir, ce soir de tempête, il venait de fonder un mouvement qui allait bientôt abolir les frontières et faire voyager la jeunesse du monde entier.

Pour en savoir sur Richard Schirrmann, nous vous conseillons l’ouvrage Richard Schirrmann: L’homme qui inventa les auberges de jeunesse

Cette histoire s’inscrit dans celle, plus large, de l’ajisme et des auberges de jeunesse en France

Par Gauthier Dupré
Publié le 5 août 2026 · mis à jour le 7 août 2026

3 commentaires

  1. L’idée originale existait bien avant la création des auberges de jeunesse en Allemagne en 1909.Dans l’eifel existait debut du 20 ème siècle les chemins de l’Eifelverein entre Aix La Chapelle, Eupen, Malmedy, Saint Vith, Vianden, Echternacht et Trêves des auberges scolaires dans les villages traversés par cet itinéraire pédestre balisé. Ces auberges tenus par des enseignants le temps des vacances étaient précurseur des auberges de jeunesse. Ces enseignants souhaitaient accueillir la jeunesse et être considéré comme père et mère aubergiste. Cette histoire relatée aurait pu passer inaperçue et grâce au site http://www.trekkings.be nous apprenons cette vérité sous le chapitre les chins de l’Eifelverein

  2. Il existe toute une littérature plus académique réalisé par la doctorante Claire Milon se rapportant au club vosgien, l’apparition de la randonnee pédestre dans la société Berlinoise fin du 19 ème siècle ainsi que des reportages sur les amis de la nature. Le tourisme pédestre tel que nous le connaissons actuellement c’est réellement développé à travers plusieurs siècles partant de la naissance de la gymnastique, des premiers sentiers balisés en Forêt de Fontainebleau en 1842 avec Denecourt, la création de la société touristique en Forêt Noire en 1864, puis le Club Vosgien et l’Eifelverein. La création des chemins de fer au 19 ème siècle à favorisé les déplacements au départ de la bourgeoisie et puis par après de toute la classe sociale. Les congés payés de 1936 ont favorisés grâce à la première semaine de congé la découverte d’autres horizons et permettant doit de camper ou de loger dans les auberges de jeunesse et les amis de la nature.
    En France un pionnier et père de la rando est Jean Loiseau, issus du scoutisme et créateur des compagnons voyageurs permettant à la jeunesse de parcourir sac au dos les sentiers méconnus de France. C’est en marchant sur les traces des sentiers touristiques de Belgique et du Luxembourg que l’idée de créer un réseau de sentiers du même style que chez nous, amis belges que la naissance des sentiers GR en France se concrétisera. D’autres informations sous articles historiques sont envisageables. J’aimerai vous contacter par email en priorité. Dans quelques mois les archives des anciens journaux de la bibliothèque nationale de Belgique seront numerises de 1950 à 1989 inclus. Ils sont déjà numérisés jusque 1950 à l’heure actuelle. L’année 2027 est un jubilaire fêtant les 80 ans de la fédération française de la randonnée pédestre dont l’ancêtre est le Comité national des sentiers de grande randonnée. Je reste à votre disposition car je m’intéresse à l’histoire de la randonnée pédestre et des sentiers de grande randonnée depuis plus de 10 ans. Ma premier rando sur le GR5 date de mai 1963 où le tronçon belge fut inauguré le même mois à Burg Reuland. J’avais 3 ans.

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