FORMONS DES HOMMES par Léo Lagrange

L’application de la semaine de quarante heures, sous la forme généralisée des cinq journées de travail de huit heures, pose le problème de l’emploi utile des deux journées de loisirs.

Il ne peut, à mon sens, appartenir à l’Etat d’embrigader les bénéficiaires des loisirs nouveaux pour une « corvée de joie », complément d’une « corvée de travail ».

Travail et loisirs doivent être les éléments associés de l’effort permanent des hommes vers la conquête de la dignité.

Ce but ne peut être atteint que si les travailleurs eux-mêmes ont le libre choix et la gestion directe de leurs loisirs.

La mission de l’Etat, importante et difficile, est d’orienter, de faciliter et d’aménager les loisirs.

Loisirs sportifs, loisirs de plein air, loisirs intellectuels, têtes de chapitres derrière lesquelles s’agite la multiplicité des clubs et des sociétés dont il importe de coordonner les efforts sans briser leur indépendance. Créer des terrains de jeux, des auberges de la jeunesse, des camps, des parcs ou des îles de loisirs, aménager les tarifs de transports, multiplier les jardins ouvriers, les cercles, rendre moins onéreux et plus facile l’accès des théâtres, des musées, des bibliothèques, aider à vivre ou à revivre les sociétés musicales ou chorales, telle est l’œuvre entreprise par l’Etat dans un domaine nouveau de son activité sociale.

La presse, chronique vivante du monde moderne, marque son légitime désir de prendre sa place dans ce combat pour la santé et pour la joie qu’est l’organisation des loisirs : est-il plus noble mission que d’aider à former des hommes ?

Paris Soir, 9 mai 1937

 

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