La jeunesse allemande – 1930

Si nous avons constaté, parmi ‘l’élite de la jeunesse intellectuelle de la France, un retour au classicisme, mais élargi jusqu’aux limites de l’horizon contemporain, une reprise de la pure tradition française, mais enrichie de tout l’apport des idées modernes, nous constaterons un retour au romantisme, de la part de la jeunesse allemande. On sait qu’un mouvement de jeunesse allemand, la Jugendbewegung, est né vers 1900 et a connu, entre 1900 et 1914, sa période de plus grande activité.

Ce mouvement qui, peut-être, après 1919, a perdu de sa force intérieure, mais gagné en nombre et en étendue, n’est pas spécialement politique, philosophique, littéraire ou moral. Il prétend embrasser la vie tout entière du jeune Allemand ; et, à cette heure, il s’affirme avec une importance et une influence accrues.

L’un de ceux qui s’y dévouèrent avec le plus d’énergie et y prirent une part, prépondérante, M. Gerd Knoche, s’en fait à présent le théoricien ; et dans la revue Europe, il tente d’expliquer la signification profonde et la portée de la Jugendbewegung :

Les causes qui ont provoqué la naissance du mouvement de jeunesse allemand sont la faillite de l’homme moderne d’Europe et en particulier d’Allemagne.

Le trait fondamental le plus profond du mouvement de jeunesse se manifeste d’une façon paradoxale : en s’affranchissant de formes internationales superficielles et en revenant à une manière d’être vraiment allemande, il prépare les Allemande à une future internationale humaine ; et voici un second paradoxe : tandis que, sur les terrains les plus divers, il s’échappait du présent pour remonter dans le passé allemand, il libéra l’âme allemande de la limitation temporelle et de la caricature, et l’éleva vers une conception absolue, et indépendante de la notion du temps, de la nature allemande et humaine.

Voici les tendances essentielles du mouvement de jeunesse : retour à la nature ; romantisme de la nature et des mœurs ; retour à-de nombreuses formes du passé unité de l’âme et du corps ; hostilité à la suprématie du cerveau, et vie basée sur l’instinct ; réalisation (grâce à l’esprit à la fois pratique et mystique dont il imprègne les religions, programmes politiques, etc., tombés dans le dogmatisme) ; sentiment national et sentiment de la communauté, sur la base de la liberté de la personnalité spirituelle ; fraternité ; démocratie pratique ; conception du chef ; communauté organique.

Toutes ces tendances, comme le mouvement de jeunesse lui-même, n’ont pas été enseignées et formées de l’extérieur, mais elles ont germé et grandi spontanément, à la manière d’une plante. Elles ne reçurent qu’ultérieurement un développement philosophique complémentaire.

L’Européen, 27 aout 1930

1930-08-27_L’européen_La jeunesse allemande

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