La jeunesse allemande – 1928

Le grand intérêt populaire que présente la culture physique en Allemagne est fréquemment mentionné dans la presse, et l’une de ses phases les plus intéressantes est le « mouvement de la jeunesse », dont l’activité augmente sans cesse, et peut être mieux exprimé par le terme suivant « promenades en Allemagne ».

Il y a déjà longtemps, au début du siècle, la Hamburger Nachrichten nous disait que la jeunesse allemande commençait à organiser des promenades, des parties en groupes pour visiter les forêts et les montagnes, pour se réjouir dans les vallées, pour s’instruire dans les anciens châteaux inhabités et silencieux, pour admirer les lacs enchantés.

De ces groupes, que l’on désigne plus couramment par « Wandervögel », ou « oiseaux voyageurs », on expose ce qui suit :

Il n’y a aucun doute que le premier mouvement fut le désir de quitter pour quelques jours la vie trop active, bruyante, assourdissante des grandes villes. Ce fut comme un courant d’air heureux venant rafraîchir les idées et les esprits. Dans ces trente dernières années, le mouvement a pris de grandes proportions et la jeunesse y adhère en masse. En réalisant ces tournées, il fallait prévoir des abris, des refuges pour passer le « Week end », et pendant les vacances, au début, les excursionnistes faisaient appel au grenier à foin d’un fermier hospitalier, mais plus tard de réels refuges furent construits, ce furent les « nids » des voyageurs. En pleine campagne, loin de toute agglomération, et des distractions journalières, ces abris purent être montés rapidement. Ils pouvaient être considérés plus confortables que pour une installation d’une nuit. Ils constituaient en plus un milieu duquel s’élevaient toutes protestations contre ce qui était faux, caché et non naturel, tout ce qui s’opposait à des idées saines et franches. L’emplacement de ces abris était choisi sur le terrain, par rapport à ses environs, et son histoire ancienne.

Les associations se formaient peu à peu d’abord, parmi les plus hautes classes de la société, elles s’étendirent peu à peu à toutes les classes, montrant aussitôt un caractère social. Elles doivent leur origine aux instituteurs des écoles élémentaires, plus particulièrement à Schirrmann, instituteur à Altena (Westphalie), qui, au début, entreprit des excursions de plusieurs jours avec sa classe. Les classes vacantes d’autres villages fournirent les premiers abris pour la nuit. Cette innovation devint vite populaire et les autres professeurs suivaient le même chemin. En outre, toute une organisation de la jeunesse de toutes classes (sociale, nationale, religieuse) s’y joignait également.

Dans ces dernières années, une augmentation sérieuse du nombre des refuges est signalée. En 1920, il y avait 700 abris ; en 1924, on en comptait 2.000.

L’association allemande de refuges pour la jeunesse, qui compte 29 districts, s’efforce de construire les abris nécessaires dans tous les endroits visités par les excursionnistes. Dans l’un de ces districts, on a même commencé à construire de réels « homes » pour jeunes gens.

Le tableau ci-dessous donne une idée de cette importante association :

Abris : 17 en 1911, 83 en 1913. 700 en 1920. 1.200 en 1921, 2.100 en 1925. 2.300 en 1926.

Personnel abrité : 3.000 en 1921, 20.000 en 1913, 186.000 en 1920, 502.000 en 1921, 1.400.000 en 1925. 2.100.000 en 1926.

Nombre de districts : néant en 1911, néant en 1913, 20 en 1920, 83 en, 1921, 830 en 1925, 900 en 1926.

D’apres M. Muenker, nulle part dans le monde qu’en Allemagne n’est développé l’amour du pays et dès qu’apparaissent les premiers jours de printemps, un mouvement se sent dans la jeunesse. Tous les jeunes gens sont attirés vers les beautés de la nature et s’en vont par les champs, les forêts, les villages.

Il faut louer surtout les instituteurs et les autorités municipales, les sociétés d’éducation physique pour leur effort, qui contribue à développer chez celte jeunesse l’amour de leur famille, de leur pays, à les soumettre à la discipline raisonnée pour l’avenir.

La simplicité, l’entraînement, la moralité, sont les premières lois de ces associations et la discipline intérieure a suffi pour en éloigner les éléments indésirables qui se rencontrent si souvent dans la jeunesse moderne. Le jeune peuple allemand s’étend partout, apprend à connaître son pays avec sa beauté et sa fécondité et en recueille la joie de la vie et la joie de vivre.

La France Militaire, le 22 juin 1928, p1/4

1928-06-22_La France Militaire_Wandervogel et AJ
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