Les “Éclaireurs de France” – BOY-SCOUTS FRANÇAIS

Origine des Boy-Scouts

La création des Boy-Scouts dans les Îles Britanniques en 1908 est due au lieutenant général Baden-Powell, qui a pris part à toutes les grandes opérations coloniales de son pays. Dans ses périodes de loisir, il a mené une vie sportive intense.

Ayant constaté les lacunes militaires que révéla la guerre du Transvaal et voyant se rapprocher les difficultés internationales qui menacent la Grande-Bretagne, le général Baden-Powell a estimé qu’il était d’une nécessité impérieuse pour l’avenir de son pays de préparer sans délai des générations de jeunes gens vigoureux, bien armés pour la vie, d’une moralité solide et profondément dévoués à leur patrie. C’est en partant de cette idée que le général Baden-Powell a créé de toutes pièces le Scoutisme qui, grâce à certains de ses éléments, est pour les jeunes gens un merveilleux procédé de formation morale.

Ce qu’est le Scoutisme

Le Scoutisme est basé sur les trois observations pratiques suivantes :

La plupart des jeunes gens sont séduits par les récits de la vie active des explorateurs ou des cow-boys du Far-West américain. En France, le succès des romans Bas de Cuir, Le Dernier des Mohicans, etc., qui ne s’épuise jamais, est une preuve que le même état d’esprit anime notre jeunesse.

D’autre part, les sports en plein air plaisent généralement aux jeunes garçons.

Enfin, on obtient d’eux beaucoup au point de vue moral, si l’on fait appel au respect de la parole donnée.

Le Scoutisme (de scout, en anglais « éclaireur, homme de frontière, bon observateur aux sens exercés et au cœur vaillant ») résulte de la combinaison ingénieuse des idées suggérées par ces constatations. Le Scoutisme permet aux jeunes gens, munis d’un uniforme pratique qui rappelle celui des Boers et des cow-boys, de mener quand Ils le veulent, même aux alentours de nos cités les plus modernes, une vie qui, par certains de ses aspects, est analogue à celle des trappeurs coloniaux du Far-West américain. Ils apprennent à connaître pratiquement les plantes, les arbres, les animaux, à courir, à nager, à construire un radeau, une hutte, à retrouver et suivre une trace, à s’orienter jour et la nuit, à faire la cuisine en plein air, à bivouaquer, à soigner les blessés, à éteindre les incendies. En outre, le scout doit agir conformément aux règles de l’honneur formulées en un bref serment et un code très court qui constituent ses règles de conduite dans toutes les circonstances de la vie.

Tel est, en général, le Scoutisme.

Le mouvement créé sur ces bases par le général Baden-Powell a eu un succès extraordinaire. En quatre armées, se sont affiliés dans les Îles Britanniques près de 500,000 scouts, jeunes garçons de 11 à 18 ans, qui, par leur vigueur, leur discipline librement consentie, et leur bonne tenue, ont conquis la sympathie générale, au point que, le 4 juillet 1911, le roi Georges V a tenu à leur témoigner son estime en passant en revue, à Windsor, 30,000 Boy-Scouts, venus de tous les coins de la Grande-Bretagne et même des extrémités les plus reculées de l’empire.

Le Scoutisme convient-il seulement au tempérament anglo-saxon ?

Il faut bien comprendre que la valeur éducative du Scoutisme n’est nullement limitée à la Grande-Bretagne. La formation des jeunes gens sur la base des idées du général Baden-Powell a en effet, sa raison d’être dans tous les pays du monde. C’est ce qui a d’ailleurs été compris dans la plupart des grands Etats. On trouve actuellement plus de 250,000 Boy-Scouts aux Etats- Unis. On les compte par milliers en Russie, en Allemagne, dans les pays latins, comme l’Italie et comme l’Argentine. Par conséquent, l’expérience pratique a prouvé que le Scoutisme n’est pas une conception nécessairement limitée aux pays anglo-saxons, puisque dans les pays purement latins, il a donné les mêmes excellents résultats qu’en Grande-Bretagne.

Voici le Code du Boy-Scout Français :

  1. La parole d’un Eclaireur est sacrée. Il met son honneur au-dessus de tout, même au-dessus de sa propre vie.
  2. L’Eclaireur sait obéir. Il comprend que la discipline est une nécessité d’intérêt général.
  3. L’Eclaireur est un homme d’initiative.
  4. L’Eclaireur prend, en toute circonstance, la responsabilité de ses actes.
  5. L’Eclaireur est courtois et loyal envers tous.
  6. L’Eclaireur considère tous les autres Eclaireurs comme ses frères, sans distinction de classe sociale.
  7. L’Eclaireur est généreux et vaillant, toujours prêt à se porter à l’aide des faibles, même au péril de sa vie.
  8. L’Eclaireur fait chaque jour une bonne action, si modeste soit-elle.
  9. L’Eclaireur aime les animaux et s’oppose à toute cruauté à leur égard.
  10. L’Eclaireur est toujours gai, enthousiaste, et cherche le bon côté de toute chose.
  11. L’Eclaireur est économe, et respectueux du bien d’autrui.
  12. L’Eclaireur a le souci constant de sa dignité et du respect de soi-même.

Voici la partie active du programme d’instruction donnée au Boy-Scout Français :

1° Comment camper et bivouaquer. Installer une tente. Construire un abri, une hutte, un pont rustique. Faire du feu. Cuisson des aliments, etc. ;

2°Connaissance de toute la topographie pratique (chemins, sentiers, points remarquables, distances, etc.) de la campagne environnante.

Apprendre à trouver son chemin, d’abord avec le secours de la carte, puis sans elle ; S’orienter d’après une boussole, puis avec le soleil et les étoiles ; connaître les principales constellations du ciel ;

3° Apprendre à observer tous les détails, tous les indices qui peuvent renseigner sur le passage d’un homme ou d’un animal, s’approcher sans être vu, etc. :

Les qualités ainsi développées font, non seulement le bon éclaireur en temps de guerre, mais aussi le bon explorateur, le chasseur adroit, le naturaliste habile, le colon expérimenté.

4° Apprendre aux éclaireurs tout ce qu’il leur faut savoir pour être capables d’accomplir un sauvetage : noyade, incendie, cheval emporté, agression. Apprendre à panser un blessé (fracture, brûlure, etc.), soins à donner en cas d’insolation, d’asphyxie :

5° Hygiène et exercices physiques : course, natation, sauts, escalades, ramer en embarcation, conduire un canot à voiles, monter à cheval (si possible), etc. :

6° Travaux manuels utiles dans la vie courante, faire un ouvrage simple de menuiserie, d’ajustage ou de forge, savoir-faire avec une corde des nœuds usuels, installer un filet, une ligne de pêche. Démonter et nettoyer une bicyclette, seller ou atteler un cheval. Travaux courants de jardinage et de ferme ;

7° Par des conférences, des récits et des exemples, – ou besoin par de petites représentations théâtrales et reconstitutions où eux-mêmes seront acteurs. — développer chez les jeunes éclaireurs la connaissance de l’histoire de notre pays et particulièrement de notre Histoire coloniale ;

8° Enfin et par-dessus tout, apprendre aux éclaireurs les qualités, qui font un homme digne de ce nain : l’honnêteté, la volonté, l’initiative, le patriotisme, l’esprit de ressources.

La culture physique jointe à une vigoureuse et solide formation morale, tel est le but.

Réveiller la volonté d’agir, n’est-ce pas là le remède le plus sûr à l’atonie des jeunes générations ? Or, ce remède est tout entier contenu dans le scoutisme, tel que nous l’avons esquissé, car il tend à créer une atmosphère imbue d’énergie et de bonne volonté.

Le contact que donne le scoutisme avec la nature aux scènes si variées ne peut produire que des résultats favorables, particulièrement réconfortants et nécessaires en raison des obligations de la fiévreuse vie moderne.

L’Association des Eclaireurs de France est avant tout une œuvre d’union nationale. Elle est donc résolument ouverte aux Français de toutes conditions sociales, de toutes croyances, de toutes les opinions, le paysan, l’ouvrier, le bourgeois, le pauvre comme le riche.

Plus que jamais la France a besoin de l’union de ses enfants. Tous les hommes clairvoyants et de bonne volonté en ont le sentiment très net. Il faut donc que professeurs, instituteurs, éducateurs, parents surtout comprennent le but national de cette entreprise. Aussi faisons-nous appel à tous pour assurer le succès des Eclaireurs de France.

Le siège social des Boy-Scouts français est au Journal des voyages, 146, rue Montmartre (Paris). C’est là que l’on peut s’adresser pour demander les statuts des Eclaireurs de France.

Le Radical, le 25 avril 1912

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