A nos jeunes camarades des auberges

Il existe, paraît-il, aujourd’hui, près de trente millions de skieurs dans le monde.

Les pays nordiques, d’où partit la pratique du ski au début du siècle, nous ont largement précédés dans le domaine du ski utilitaire et sportif. Et cependant, en quelques années, la jeunesse de notre pays s’est enthousiasmée pour les sports de neige, elle a produit des hommes comme Allais qui surclassèrent les plus grands spécialistes autrichiens et norvégiens dans les derniers championnats du monde à Chamonix. Pour atteindre un pareil résultat, les grands clubs de ski ont réalisé de magnifiques improvisations, car ils eurent tout à organiser en quelques saisons, depuis les plans d’équipement des stations jusqu’à la formation des moniteurs pour l’enseignement de ce nouveau sport. Tour à tour différentes méthodes étrangères furent en faveur et donnèrent d’excellents résultats. Cependant, à la veillé de la saison 1938, la nécessité de coordonner les efforts des pouvoirs sportifs du ski nous est apparue, impérieuse. Au moment où la pratique du ski passait en France sur un plan réellement populaire et national, il n’était pas possible de laisser subsister des méthodes d’enseignement tellement diverses qu’elles ne pouvaient que jeter la confusion dans l’esprit du débutant appelé à commencer ses premiers essais d’après la méthode de l’Arlberg et à continuer, quelques jours plus tard, son entraînement dans une station différente où d’autres méthodes sont en honneur.

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Décembre 1937 – Le cri des Auberges de jeunesse n°32

Nous avons donc décidé d’apporter l’aide gouvernementale à la Fédération Française de Ski qui organisa avec le succès que l’on connaît les derniers championnats du monde à Chamonix.

La Fédération française de Ski a créé, avec le concours des organisations sportives de toutes tendances, l’Ecole Nationale chargée de former des moniteurs qui enseigneront désormais au public une méthode unifiée.

Je vous engage donc, mes jeunes camarades des Auberges de Jeunesse, à négliger ce snobisme, hélas! courant, qui veut que seules, les méthodes étrangères soient capables de former de bons skieurs. Je vous engage aussi à pratiquer le ski avec application, non dans l’espoir de devenir à tout prix des champions (espérons que le ski échappera aux « erreurs » des autres sports) mais pour devenir plus forts, plus équilibrés, pour devenir des hommes « libérés » par la connaissance âpre et exaltante de la montagne, l’hiver.

LÉO LAGRANGE, Sous-secrétaire d’État à l’Education Physique, aux Sports et aux Loisirs.

Décembre 1937 – Le cri des Auberges de jeunesse n°32

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