Otto Abetz – La Jeunesse allemande et le bonheur – Mars 1938

Les Cahiers franco-allemands de février publient le texte de la conférence prononcée à Paris par M. Otto Abetz sur « La Jeunesse allemande et le bonheur ».

Le Combattant du front - Otto Abetz - La nouvelle jeunesse allemande
Le Combattant du front – Otto Abetz – La nouvelle jeunesse allemande

En voici quelques extraits:

L’éducation scolaire cherche aujourd’hui, en Allemagne comme ailleurs, d’introduire autant que possible le principe de jeu dans les méthodes et le programme de l’enseignement. Elle a déjà donné une place prépondérante au jeu le plus élémentaire: aux sports. La gymnastique, la natation, les excursions, les loisirs aux maisons de campagne des écoles, forment un contrepoids précieux au bourrage intellectuel des jeunes cerveaux. Si nos jeunes devaient être moins savants que ne furent les élèves et les étudiants d’autrefois, ils sont sûrement, par contre, plus beaux et plus sains, donc plus heureux. L’on ne peut manquer d’être étonné en comparant des photographies de classes d’écoles d’avant-guerre avec les photographies de classes d’aujourd’hui. Tout progrès photographique dans l’art de rendre plus aimable concédé, quel changement profond d’expression et d’attitude! On dirait: une autre race, plus sûre d’elle, plus musclée et mince à la fois, plus forte et joyeuse.

Ce résultat est en très grande partie, dû aux sports pratiqués à l’école par les jeunes filles et garçons dès leur enfance. Mais c’est avant tout la conséquence d’une atmosphère morale nouvelle qui entoure les enfants hors de l’école, 1e rayonnement de leur royaume, leur organisation dans le mouvement de jeunesse.

L’éducation autonome de la jeunesse pour les tâches de l’Etat a toujours préoccupé les penseurs et les hommes d’Etat, depuis la « Politeia » de Platon, jusqu’à la « Pädagogische Provinz » de Gœthe. Mais, pour la première fois dans l’histoire de la pédagogie, cette utopie prend corps dans l’organisation de jeunesse de la nouvelle Allemagne. C’est un petit état dans le grand, chaque garçon y a ses fonctions et ses responsabilités et il n’y en a pas une seule qui ne vise aux fonctions et responsabilités à prendre plus tard au cadre de l’échelle plus grande de l’Etat. En jouant, il apprend l’obéissance et le commandement, l’organisation du travail et ides loisirs, l’administration des biens matériels et la propagande des valeurs morales, le service social et la formation intellectuelle. Il apprend avant tout à vivre en commun. La même chemise brune que portent nos jeunes a une signification sociale : on ne reconnaît pas plus le fils du concierge ou du chômeur. Le costume analogue est le symbole d’une communauté. Dans les « Affinités Electives » Gœthe conseille qu’on mette les garçons en uniforme, afin qu’ils s’habituent tôt « d’agir en commun ».

Il faut que la jeunesse soit dirigée par la jeunesse

Un fait à signaler également à l’étranger, consiste dans le choix des chefs de la jeunesse allemande. La jeunesse hitlérienne est une jeunesse d’Etat qui n’est dirigée ni par des militaires, ni par des prêtres, ni par des instituteurs. Elle est dirigée par des jeunes, sortis du rang des jeunes de leur organisation même. Adolf Hitler lui-même a voulu et confirmé cet état de choses en déclarant, peu de jours après l’avènement au pouvoir de son parti : « Il faut que la jeunesse soit dirigée par la jeunesse ». Soumise ni au Ministère de la Défense Nationale, ni au Ministère de l’Instruction publique, ni à celui .de l’Intérieur, l’organisation de la jeunesse allemande, avec ses huit millions d’enfants et d’adolescents, jouit d’une autonomie absolue. Elle peut se donner de plein cœur à son jeu « à l’Etat ». Faut-il rappeler ici une parole du grand sage Nietzche: « La maturité de l’homme: c’est d’avoir retrouvé la gravité de l’enfant dans le jeu ».

Le jeu tire l’enfance de « l’ennui », ce premier mal de jeunesse. Le deuxième mal, l’isolement, n’est pas moins grave pour l’enfant et l’adolescent. C’est le drame de l’enfant unique de notre époque moderne qui ne connaît plus l’immense bonheur de naître et de grandir au sein d’une famille nombreuse. C’est le drame du conflit des générations, de l’enfant qui ne connaît pas ses parents et qui n’est pas compris par eux. C’est le drame de l’enfant sans camarade de jeunesse, de l’adolescent sans groupe. C’est le drame du jeune qui perd trop tôt sa foi en Dieu et qui la retrouve trop tard. C’est le drame de l’adolescent qui ne trouve pas le chemin du moi au toi, du narcissisme a l’amour. C’est le drame de la jeunesse sans liens.

La maturité de l’homme: c’est d’avoir retrouvé la gravité de l’enfant dans le jeu

En ce qui concerne les liens avec les parents, on peut dire que le conflit des générations est aujourd’hui chez nous, moins aigu qu’autrefois. Une idéologie politique commune englobe jeunes et adultes ; révolutionnaire et conservatrice à la fois, elle entraîne les adultes dans leur élan et impose aux jeunes le respect de la tradition. Le problème de la famille est quand même encore loin d’être résolu en Allemagne. L’effet destructif du monde technique et industrialisé, dans lequel nous vivons, subsiste et pèse lourdement sur la communauté familiale. C’est très, très lentement seulement qu’un nouveau sens de famille gagne du terrain, se basant du reste en grande partie sur la doctrine raciale qui voit dans la famille, la continuité biologique. Il y a aussi la continuité du destin. Les générations se suivent et périssent, la personnalité de la famille continue et subsiste.

Le jeune Allemand a vu son père au lendemain de la défaite, rentrer à la maison, les yeux pleins du reflet d’horreurs vécues, le cœur serré par l’humiliation de la nation, par l’effondrement financier, par le chômage en perspective. La mère Allemande n’avait-elle pas, elle aussi, un destin très dur ? La mère française a vécu en partie la guerre sur son propre sol, elle a vu la destruction des biens matériels auxquels la femme est particulièrement attachée. Elle a perdu ses fils, son mari. Mais elle les a aussi vus rentrer sous le drapeau de la victoire, le 11 novembre 1918, et la vie quotidienne a vite repris la cadence de la paix. La mère Allemande a perdu ses fils et son mari ; ou elle les a vu rentrer dans un désespoir sans pareil. Elle a vu souffrir ses enfants de la faim pendant et après la guerre. La mère Allemande, c’est la mère qui a distribué sa propre potion de pain à ses enfants, la mère, qui, après les angoisses et les privations de la guerre, fut encore pour dix longues années de paix, privée de toute chance de bonheur et de joie extérieure.

Cela marque, cela marque aussi les enfants. Mais la nature veut que les jeunes soient égoïstes et cruels, qu’ils n’apportent pas aux parents la joie dont ceux-ci auraient besoin en vieillissant. Ils les quittent. Ils cherchent dans le groupe, dans .l’amour, des liens nouveaux qui remplacent les liens de filiation avec le père, la mère.

Très tard, trop tard, en général, le jeune s’aperçoit qu’aucun camarade du groupe ne peut remplacer le camarade que son père aurait pu être pour lui. Le père est toujours l’être qui, malgré toute divergence d’opinion, aurait été capable d’avoir les réactions les plus proches des siennes vis-à-vis des problèmes essentiels de l’homme: l’honneur, la liberté, la patrie. Et la mère – la plus haute chance que la vie puisse nous réserver, c’est qu’elle renaisse en notre femme.

Otto ABETZ

Le Combattant du Front – Mars 1938

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