Nouvelles des Centres – Jeunesse et Montagne 1943

Au centre-école

Le 24 octobre, tous les Chefs, à l’exception des cadres nécessaires au fonctionnement des services, partaient en mission de liaison dans les A.I.A. Les récentes décisions du Gouvernement organisant une nouvelle branche d’activités du S.N.O., le départ de nombreuses équipes de travail dans les Usines de l’Air, notamment à Toulouse-Blagnac, donnent un renouveau de valeur et d’actualité aux positions de « Jeunesse et Montagne » dans la Famille Aérienne.

Il dépendra de nous que cette profonde transformation de la vie des Centres qui seront les « Chantiers des Industries Aéronautiques », loin d’apporter à nos jeunes le dégoût d’un travail dont ils ne verraient pas le sens, leur permette au contraire de prendre davantage conscience de la réalité de cette famille corporative aéronautique que nous construisons.

Le moment est venu pour beaucoup de réaliser, dans l’épreuve du travail d’usine, qu’à « Jeunesse et Montagne », le Service National, sous toutes ses formes, fait de nous l’élément jeune qui contribuera à reconstruire l’Aviation. C’est pourquoi le Centre-Ecole, qui a contribué de toutes ses forces à créer et vivifier l’esprit « Jeunesse et Montagne » ne voit, dans ce profond changement, qu’une raison de continuer, encore plus de ténacité, dans la seule voie qui soit la nôtre. Resserrons donc les liens qui nous unissent aux autres organismes de l’Air. A ce prix seulement, l’épreuve sera féconde.

Le Bulletin des Chefs reviendra bientôt sur ce nouvel aspect de l’action « Famille Aérienne ». Nous avons la chance, que d’autres n’ont pas, de pouvoir nous dire encore chez nous dans les usines où nous devrons contribuer à la production industrielle, d’y retrouver les nôtres, ainsi que nos cadets. Saurons-nous l’apprécier ?

Au Groupement Haute-Savoie

Au Centre Petit-de-Mirbeck

La soirée du 19 octobre fut une des plus émouvantes qu’on ait vécues à Saint-Pierre. Le groupe d’Entremont-en-Borne, « replié » au Groupement, et les équipes de services du Centre donnaient un « dégagement » avant leur départ en usine à Toulouse-Blagnac. C’était un « coup dur », pourquoi le cacher ? A Entremont, les équipes de Chalon et de Wertheimer avaient organisé un des plus beaux chalets de « Jeunesse et Montagne ». Avec beaucoup d’amour, on avait travaillé pendant des mois à harmoniser la décoration intérieure avec le site si pittoresque de la vallée du Petit Bornand. A Saint-Pierre, Martz et son équipe avaient « démarré » magnifiquement, bientôt suivis par Le Ninivin et Macris, en changeant du tout au tout les conditions de la vie d’une « Equipe de Service » : les baraques du Centre avaient été aménagées, repeintes ; l’équipe avait un foyer qui pouvait, tant pour son ameublement que pour sa décoration, soutenir la comparaison avec les plus réussis.

Tout un programme de veillées avait scellé l’esprit d’équipe… Et maintenant, il fallait partir, au loin…

On résolut de donner quand même le « dégagement » prévu pour l’arrivée de ceux d’Entremont. Pendant plus d’une heure et demie, un spectacle de choix, qui avait été minutieusement préparé, fut offert au chef Poncet, à tous les chefs de Centre, ainsi qu’aux camarades qui formaient un public sympathique. Le groupe d’Entremont, sous la direction d’un remarquable meneur de jeux, avait préparé des chœurs à quatre voix qui furent redemandés deux fois. Les équipes de service avaient monté une exhibition de music-hall sensationnelle. Un chœur nombreux ne craignit pas d’interpréter à plusieurs voix le « Bonsoir à la Montagne » de Jean Phlox, et s’en tira avec honneur.

Belle soirée, réconfortante par bien des côtés. Nos jeunes ont prouvé qu’ils avaient du ressort. Les chefs qui les encadrent en ont d’autant plus de devoirs envers eux. A Toulouse, ils sauront s’adapter aux nouvelles tâches qu’on leur impose, dans un intérêt supérieur.

Nouvelles des Centres - Jeunesse et Montagne
Nouvelles des Centres – Jeunesse et Montagne

Au Groupement Savoie

Au Centre de Gail

Notre camarade Saconney vient d’en prendre le commandement, à la place du chef Tiollier. Saconney, qu’on regrette beaucoup à Beaufort, y est remplacé par Brioude. Nous le prions d’accepter nos vœux, au moment où il prend le commandement à Montmélian.

Parnot (promo Assolant) nous écrit, le 18 octobre, qu’il se trouve au plateau de La Féclaz, sous le Revard, avec une partie de son équipe et celle d’Emery. Lutringer est à Curienne avec le reste. A La Féclaz, il faut arracher cinq hectares de pommes de terre appartenant à la Maison du Prisonnier et destinées à être distribuées aux familles de prisonniers de Chambéry. L’équipe, qui est composée presque uniquement d’ouvriers, s’est mise avec cœur à cette tâche.

Au Centre Patureau-Mirand

Au Bersend, Jourdan (promo Morel) fait une coupe de bois avec son équipe. On s’y intéresse absolument à tout. La « Mère Viallet » aidant, le moral est au plus haut. Il en est de même pour Augerot (promo Assolant), dont le terrain de coupe est toutefois tellement « pentu » que les coulées de troncs déchaînent toute une artillerie de blocs très préjudiciable à la sécurité de qui habite plus bas. Un conflit imminent avec les intéressés s’est heureusement terminé autour du tapis vert, qu’agrémentaient pour la circonstance des bols de lait. S’étonnera-t-on que dans ces conditions, Augerot et ses gars soient prêts à tout supporter, même le docteur Julien et ses piqûres ?

Le groupe de Saint-Guérin, lui, a vécu un été épique. Il a d’abord habité Marthod (nous en avons donné des nouvelles). Marthod se présentait surtout sous l’aspect d’une forteresse de pierre aux ouvertures très étroites, où la vie était certes peu confortable, mais qui, en certains cas, se prêtait à une tactique de siège qui fit ses preuves. Puis, retour à Saint-Guérin, on recevait bientôt un ordre de « décrochage » qui, en deux temps, conduisit l’équipe de Thoulouze (promo Dubourg) à Beaufort, puis à Modane. On laissa à Saint-Guérin trois « volontaires » de garde qui passèrent une nuit homérique dans le grenier de la chapelle.

De Modane, Thoulouze nous écrit :

« Nous avons été envoyés ici pour aider au déblai des ruines de la cité martyre. Nous logeons dans un ouvrage de 10 mètres de profondeur très « ligne Maginot », chauffé, éclairé et ventilé électriquement, et qui sert d’abri à la population non évacuée de Modane qui arrive le soir et repart le matin ; trois pièces mises à notre disposition par le capitaine Ollion, qui cumule les fonctions d’officier de liaison et de commandant de la place, assure notre indépendance. Nous prenons nos repas dans une baraque à l’extérieur. Travail pénible : 8 heures par jour. Les gars s’y sont mis avec beaucoup d’ardeur. Ne nous envoyons pas de fleurs, mais reconnaissons que « Jeunesse et Montagne » a fait une excellente impression sur le personnel de maîtrise de l’usine que nous contribuons à déblayer et qu’on compte beaucoup sur nous pour y ramener un personnel difficile à tenir, et qui revient peu à peu après le coup très dur qui l’a frappé et en partie démoralisé. Nous montons un « dégagement » qui, je l’espère, mettra une ambiance nouvelle dans cette ville morte. Notre séjour ici nous permettra d’autre part de faire « sur le vif » des études sociales intéressantes. »

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Au Groupement Dauphiné

Au centre de Chézelles

Deux messages nous en parviennent. L’un, de Lannurien, est une rétrospective de l’activité du Centre aux vendanges dans l’Aude. Il est certes, un peu tard pour qu’il ait un intérêt d’actualité. Citons-le cependant à titre d’agréable souvenir :

« Ce fut sans joie aucune que s’effectua le départ en vendanges du détachement du centre.

Pour les chefs, la grande désillusion fut de partir au moment où la saison de montagne aurait dû battre son plein.

Pour les jeunes, c’était un peu la même raison, mais surtout cela changeait leurs habitudes et ils n’aiment pas le changement.

Le départ eut lieu un certain dimanche 22 août dont beaucoup se souviendront : il n’avait pas plu depuis près de trois mois, mais ce jour-là il plut bien pour quinze jours, et ce fut sous une pluie battante que Chefs et volontaires firent les 17 kms qui séparent St-Bonnet de Gap. Par la suite, l’embarquement fut assez triste.

Le voyage, qui devait durer deux jours, en dura trois au cours desquels il n ‘y eut rien à signaler si ce n’est le réveil un peu brutal d’un jeune qui, s’étant endormi sur le marchepied, se retrouva allongé bien près des roues. Fort heureusement, le train n’allait pas trop vite et il en fut quitte pour un petit trou dans la tête et une bonne « engueulade ». Cet incident fut des plus salutaires et on nota une grande prudence chez les volontaires pendant le reste du voyage.

Arrivé à Coursan, dans l’Aude, le centre de Chézelles eut la chance de ne pas être dispersé dans différentes fermes, mais réparti entre deux châteaux très accueillants dont les hôtes firent tout pour nous rendre le séjour agréable.

Les jeunes, au nombre de 98, furent répartis dans des équipes de trente hommes et travaillèrent tous les jours, dimanche compris, de 8 heures à midi et de 14 heures à 18 heures. Les premiers jours ne furent pas sans maux de reins pour les hommes qui peu à peu se firent très bien au travail. Ils y furent aidés par un ravitaillement correct.

Dans un des châteaux se trouvaient Artru et Baisle avec 33 jeunes ; dans l’autre, Bargain et moi nous débattions avec 65 qui d’ailleurs eurent une tenue correcte.

Dans ce dernier les jeunes travaillaient avec des équipes civiles, ce qui permit de connaître les mœurs du pays qui sont pour le moins curieuses. De « monstres lavages » au raisin eurent lieu au cours desquels les chefs prenaient une part active. Bien que l’élément féminin dominât nettement, la tenue fut toujours impeccable.

Si le moral y était la journée, il y était également le soir où les repas étaient les plus animés ; le litre de vin s’ajoutant à la chaleur et à la fatigue rendait les jeunes assez exubérants. Il n’y eut pratiquement pas d’excès malgré tout ; seul un jeune un peu trop animé fut assez vivement rappelé à l’ordre, ce qui lui valut une consultation chez le dentiste à Narbonne.

Le séjour aux vendanges, qui devait durer un mois, se termina le 14 septembre. Les vendangeurs déclarèrent que cela tenait à ce qu’ils avaient trop travaillé ; les mauvaises langues disent que la récolte fut mauvaise. Je crois qu’il y a un peu des deux.

En tout cas, les propriétaires, les propriétaires témoignèrent leur satisfaction d’une façon qui prouvait qu’ils étaient sincères.

Le retour eut lieu le 15 septembre et fut sans histoire. Les jeunes, si peu enthousiastes au début, montraient une certaine mélancolie, au moment de quitter ce pays plat ; sans doute tenait-il un peu à ce qu’ils pensaient à quelques Carmen ou autres Conchita qu’ils ne reverraient sans doute jamais ? Mais, ils gardaient aussi un bon souvenir de ce pays d’où ils emportaient l’impression d’avoir réellement rendu service, et c ‘est bien agréable.

Il était temps cependant que finisse ce séjour là-bas, car, si une cure uvale est bonne pour certains, elle l’est moins pour d’autres. Et puis, quand on est à « Jeunesse et Montagne », il vaut mieux ne pas rester trop longtemps au niveau de la mer. »

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Mort du Chef Roger Lejeune

La promotion Jean Dubourg vient de perdre l’un des siens. Le samedi 16 octobre, le Chef d’Equipe Roger Lejeune trouvait la mort à Entremont-le-Vieux, à la tête de son équipe. Lejeune est mort en Chef. Du haut du rocher d’escalade qu’il venait de gravir, il donnait des conseils à ses jeunes qui le suivaient ; soudain, ses deux pieds glissèrent et il fit une chute de huit mètres, se fracturant le crâne. Il devait succomber quelques heures plus tard, sans avoir repris connaissance.

C’est une perte cruelle pour tous ceux qui l’ont aimé. Lejeune s’est fait remarquer, dès le début du stage de l’été dernier, par ses hautes qualités morales, sa ténacité et la profondeur de sa vie intérieure. En plusieurs circonstances, il avait montré sa parfaite maîtrise de soi et la puissance de sa volonté. Comme Jean Dubourg, le patron de sa promotion, Roger Lejeune est mort de la mort sacrée que la montagne réserve parfois à ses plus fervents adeptes.

Le 16 octobre, Caldéron (promo Dubourg), nous écrivait ces quelques impressions sur les activités du Centre à la coupe de bois du Groupement :

« Avec mes dix gars, nous nous installons au Luth ; les tentes sont montées depuis longtemps déjà, mais les chalits de branchages sont à refaire, pas de table, pas de penderie, rien de ce qui crée un peu de confort et un peu d’intimité. Un gros avantage, le torrent est à deux pas et des taillis qui nous fournissent tout le bois d’œuvre nécessaire à notre aménagement. Une demi-journée a suffi. La bonne volonté de chacun supplée au manque d’outils, de pointes, de cordes… Le soir, 11 chalits, 1 table, 1 penderie, 1 magasin à vivres à l’abri des chiens, 1 « carrée » pour le chef, 3 étagères pour les sacs et les chaussures, 1 desserte, 1 dessous de plat… et même 3 photographies meublent et embellissent notre demeure.

L’emploi du temps ne laisse guère de place à la rêverie. A 6h45, décrassage dans l’air froid. A 1300 mètres, dans un val étroit et brumeux, le mercure se recroqueville vers le réservoir du thermomètre. A 7h45, couleurs et départ pour la coupe. De 12h30 à 14h45, déjeuner, toilette, courrier, lecture… il faut profiter du soleil qui ne daigne nous éclairer que 6 à 7 heures par jour. Ensuite, travail jusqu’à 18h. De longues veillées autour du feu ou à la lueur d’une bougie terminent la journée. Malgré le travail intense, elles sont suivies par tous et l’entrain règne. Le moral est bon.

Travail intense, en effet, si on considère la saison, l’importance de la coupe, la précarité de notre installation. Deux cents stères abattus à débarder, deux cents autres à abattre. Abattre, débarder, transporter ou carboniser. C’est tout un programme qui conviendrait bien à un début de saison. Douze cent kilos de charbon de bois sont déjà prêts, le câble entre en fonction lundi et les mulets commenceront leur va et vient. Le Groupement ne manquera pas de charbon de bois, le Centre de la Herverie pourra se chauffer… si toutefois dame la neige le permet. »

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Nouvelles des Centres – Jeunesse et Montagne

Au Bez

Notre camarade Chappaz vient d’être désigné pour commander, cet hiver, le groupe du Bez. Il nous dit sa joie de se voir confier ce commandement, avec la collaboration de Richard, ex-chef du Groupe de direction du Dauphiné. Il nous écrit le 16 octobre :

« A mon arrivée au Bez, lundi 20 septembre, à 23h, je fus reçu par l’unique occupant des chalets, l’instructeur Novel. Une première tâche d’ordre matériel nous attendait. Avant tout, il était grand temps de préparer notre hivernage. Il s’agissait surtout de bien classer, dans l’ordre d’urgence, nos efforts : aménagement général, chauffage, ravitaillement. C’est seulement après que nous pourrons envisager notre véritable action.

Où en sommes-nous ? Malgré les efforts de Weilbacher, il y avait encore beaucoup à faire pour remettre de l’ordre dans les deux chalets loués par « Jeunesse et Montagne », au village du Bez. Evidemment, jusqu’à ce jour, il n’y avait ici que des passagers (compétiteurs, A.I.A., etc.) qui profitaient au maximum de ce magnifique coin briançonnais sans rien apporter.

Grâce à une courageuse équipe de travailleurs du Centre Tacquard, les résultats s’affirmèrent. Armés de pinceaux, balais, rabots ou truelles, on transforme les habitats, tandis que d’autres, non moins méritants, préparent la provision de bois.

Bientôt les nettoyages et le blanchiment seront terminés, les lavabos, rudimentaires, peut-être, mais nécessaires, installés à l’intérieur de chaque chalet.

Déjà on se sent mieux dans toutes ces odeurs de peinture. Tout ceci est réconfortant, encourageant même. Parfois, d’un regard rapide, nous scrutons les pistes de Serre-Chevallier qui se préparent pour cet hiver puisque nos mélèzes, avec mélancolie, jaunissent le long des pentes.

Bientôt ces jeunes, qui auront fait le travail obscur, rejoindront le centre du Gap, mais je sais que les stagiaires leur seront reconnaissants de leur labeur. D’autre part, ces « pionniers » ne savent-ils pas déjà qu’ils auront leur part de fierté dans le groupe Mermoud – hiver 1943-44, si les espoirs se réalisent ?

Nous attendons nos hôtes, que les Groupements vont nous envoyer, et en retour nous payerons notre dette par une « équipe-type », c’est-à-dire une équipe qui saura, en même temps que « foncer », se préparer aux tâches de la reconstruction française : c’est pourquoi, au Bez, les veillées proposées par le Centre-Ecole seront, autant que le ski, à l’ordre du jour. »

Au Centre Pépin

Un nouveau groupe a été récemment installé à Saint-Georges-de-Commiers, sur la route de Grenoble-Gap.

Il est commandé par Honnilh (promo Flandi) et Foucart (promo Assolant). Après avoir entrepris une coupe dans un vallon qui domine Saint-Georges, sous la tente, le groupe va prendre à Saint-Georges ses quartiers d’hiver, et peut-être y rester, parce que ce village de la vallée du Drac s’est révélé être, dans les parages immédiats de Grenoble, un de ceux qui pourraient, avec le plus grand bonheur, héberger un détachement montagnard du Centre. L’instructeur alpin Guers, affecté au Groupe, prospecte la région pour des courses ultérieures. En attendant, le Mont-Aiguille a reçu une visite générale. Une installation matérielle remarquable a pu être retenue : le foyer communal de Saint-Georges sera mis à la disposition de « Jeunesse et Montagne ».

extraits du « Bulletin des Chefs » N°35 1/1/1943

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