La fin de la Burschenschaft – Septembre 1935

C’est un signe des temps, sinon un événement considérable, que la disparition de cette « Burschenschaft » qui, pendant plus d’un siècle, représenta aux yeux du monde l’étudiant allemand, son caractère, ses mœurs, ses aspirations.

Produit du mouvement patriotique qui saisit la jeunesse allemande après le « guerre » de l’Empire, elle eut pour patron le poète national Arndt et pour point de départ l’université de Iéna. Elle groupa bientôt des étudiants de quatorze universités qui célébrèrent leur première fête au château historique de la Wartburg le 18 octobre 1817 (Quatrième anniversaire de la bataille de Leipzig). C’est là que les membres de la Burschenschaft se sont réunis une dernière fois pour prononcer sa dissolution.

La Burschenschaft voulait l’unité allemande : son patriotisme était « grand-allemand » plutôt que prussien. Pendant longtemps elle compta peu de membre dans la partie prussienne de l’Allemagne. Elle avait des tendances vaguement républicaines, ou du moins « libérales », comme on disait à cette époque. Ce fut elle qui emprunta aux chasseurs de Lützow et fit connaître les couleurs noir, rouge et or, que devait adopter la république de Weimar.

Georg-Muehlberg-Bierduell-Studentische-Szene

Aujourd’hui elle comptait une centaine d’associations, qui avaient toutes leurs couleurs, rubans et cas quettes dont elles étaient fières. C’est une véritable révolution dans la vie des étudiants que la suppression de ces insignes ; le 18 octobre, la plupart les avaient déjà remplacés par l’uniforme brun. La jeunesse étudiante, qui tenait jadis à se distinguer des autres, serait-elle prête à se perdre dans la grande masse nationale-socialiste ?

Tel est le sens que l’on voudrait attribuer à cet événement. Nous ne voulons plus, dit-on, d’autre sélection que celle qui sera opérée par le parti. Les membres des principales associations d’étudiants formaient jusqu’à présent des coteries, qui avaient accaparé certaines carrières ; il fallait en avoir fait partie pour atteindre à de hautes situations, à la Wilhelmstrasse ou dans tel autre ministère. Tout cela est fini. Seuls réussiront désormais, sans distinction d’origine, ceux qui auront fait leurs preuves de capacité et de fidélité au nouveau régime.

Il faudra voir. Pour le moment, un autre groupement, le « Kösener Verband », qui regroupe le « corp » les plus aristocratiques, n’a accepté de se dissoudre que comme fédération : les sociétés dont il se composait subsisteront individuellement. Et d’ailleurs, des intérêts de classe ou de caste ne peuvent-ils trouver d’autres formes pour se grouper ?

Je suis partout – 11 septembre 1935

https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%AAte_de_la_Wartbourg

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