De là-haut (poème)

Le soleil étire sa brûlure câline Sur le ciel d’un azur insolent.
Egarée, La cigale crisse sa chanson agacée.
Un chaud parfum de lavande et de pin domine.
Le Mont-d’Or assoupi, du sommet de sa ruine.
Laisse écouler ses pentes aux herbes desséchées
Où s’accrochent en vain les pierres effritées :
Les olives charnues ont sucé la colline !
Bordure de la soif, prisonnier, jaunissant
Un canal étriqué court, se dissimulant,
Au sol domestiqué glisser une eau boueuse.
Tapie sous les remparts, minuscule, angélique,
Telle un jouet qu’on égare, à son passé rêveuse.
Là-bas, repose en rond, Manosque la Pudique.

Jean SERGE. Au devant de la vie, Novembre 1937, première année n°3

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