Les auberges de jeunesse, les « A.J » comme l’on dit communément, restent une des belles images léguées par 1936 et, plus précisément, par les congés payés ; la découverte de la nature, leur esprit de camaraderie, « l’esprit ajiste », leur ont alors amené leur plus grande fréquentation.
Cependant, elles n’ont pas été créées par le Front Populaire. L’idée en vient d’Allemagne et date du début du siècle. En France, le militant catholique Marc Sangnier fonde la première auberge à Bierville, en Seine-et-Oise, et constitue en 1929 la Ligue pour les Auberges de Jeunesse. Elle est suivie en 1933 par le Centre Laïc des Auberges de Jeunesse (CLAJ), créé à l’initiative du Syndicat National des Instituteurs après l’échec des négociations menées avec la ligue pour constituer en commun une ligue nationale. Le CLAJ comprend six associations fondatrices, dont la Ligue Française de l’Enseignement, la CGT, La Fédération Générale de l’Enseignement et le Syndicat National des Instituteurs ; le vice-président en est d’ailleurs Georges Lapierre, secrétaire du SNI. (1)
Par le nombre de ses auberges et celui de leurs usagers, le CLAJ rattrape rapidement et dépasse la ligue de Marc Sangnier pour connaître un essor remarquable avec le Front populaire. Les chiffres varient quelque peu selon les auteurs. Pour Claude Willard, en 1936, 240 auberges du CLAJ contre 206 à la ligue, des totaux plus faibles selon Jacques Kergoat, une proportion beaucoup plus grande et peut-être exagérée chez Henri Nogueres. (2)
Ce dernier souligne l’effet personnel de Léo Lagrange, « le ministre des Auberges ». « Circulaires aux préfets, aux maires, subventions, participation directe, personnelle de Léo et Madeleine Lagrange aux débats des “clubs d’usagers” nouvellement créés, l’impulsion donnée au mouvement des Auberges par le sous-secrétaire d’État aux Sports et aux Loisirs, s’est manifesté sous toutes ses formes ».
« Je voudrais, dira Lagrange dès juillet 1936, qu’il y ait en France mille auberges et que toute la jeunesse de notre pays puisse voyager, donc se distraire et s’instruire… »
Le département du Vaucluse est en bonne place avec les AJ d’Avignon, Lagnes, Saint-Saturnin-les-Apt, Séguret. Elles bénéficient certes du climat, mais peut-être aussi de leur position dans le midi méditerranéen, quand ce n’est pas de la personnalité de leur responsable.
LES AUBERGES DE JEUNESSE EN VAUCLUSE
« Chacune a sa coloration particulière » dira-t-on (3). Celle d’Avignon, ouverte par Fernand Serre qui périra sous les bombardements de 1944, rend hommage à Léo Lagrange. En baptisant la sienne « Regain », François Morenas annonce clairement sa référence aux idées pacifistes de Giono : « Tout vaut mieux que la guerre » (4). D’ailleurs, pour beaucoup, Saint-Saturnin est déjà sur le chemin de la montagne de Lure et du Contadour où des hommes et des femmes croyaient « réaliser la communauté fraternelle et anarchiste dont le modèle idéal se trouvait dans “Que la joie demeure » (5). De même, Julien Grégoire, dont le premier poste d’instituteur à la rentrée de 1937 est à Lagnes où il ouvre l’auberge de la Bastide rouge, est « fasciné par Giono » (René Mathieu) ; il participe aux rencontres du Contadour, « sac au dos et grosses godasses, l’uniforme des auberges de jeunesse » (Justin Grégoire) (6). A Séguret, à l’auberge du Terron de Marie-Rose Achard, « on hissait le drapeau rouge et on chantait l’Internationale » (7). L’histoire des AJ en Vaucluse est surtout marquée par « l’aventure » de Marie-Rose Achard et de François Morenas. À Regain, comme au Terron, et comme pour beaucoup d’autres AJ, le don de l’auberge est le fait « d’une initiative particulière toujours désintéressée » (8). Mais l’expérience de Marie-Rose Achard et François Morenas a été de longue durée, marquée aussi par les qualités de ces deux « parents » aubergistes, gages d’une réussite et d’une notoriété plutôt exceptionnelles.
Tous deux ont heureusement publié des témoignages de leur activité. Marie-Rose Achard nous a laissé des récits qui, édités par souscription, n’ont jamais guère atteint que les fidèles de l’auberge. « J’écris pour des amis », a-t-elle dit dans un élan sincère de modestie. Parmi tous ses souvenirs, il convient de retenir :
—Vers un monde nouveau (Scènes d’Auberge de jeunesse, 1934) écrit à chaud, puisque publié en 1935. L’ouvrage a été réédité en 1973.
La belle aventure, 1975.
—L’Auberge des Renards (Calmann-Lévy, 1980).
—Clermont des Lapins, chronique d’une Auberge de Jeunesse en pays d’Apt 1940-1945 (Les Alpes de Lumière, 1992).
À la différence du Terron qui n’aura pratiquement connu que « l’âge d’or » des auberges, Regain ne fermera jamais. Et, à sa fonction de père-aubergiste qui devait tant bien que mal « nourrir son homme », François Morenas a ajouté après-guerre celle « de baladin du 7ème art ». « J’ai commencé à faire la tournée des villages de la région avec quelques copies usées et un appareil rafistolé… Peu à peu je me suis fait connaître dans tout le Sud-est… Je n’arrêtais plus. La télévision n’existait pas dans les campagnes. » (9)
Pour clore cette brève comparaison, rappelons que le Terron et Regain entretenaient d’excellentes relations, d’autant mieux que la famille de François Morenas était de Séguret ! Justin Grégoire a aussi fréquenté le Terron et y a laissé une de ses toiles, car cet éducateur était doublé d’un artiste talentueux. (10)
Le développement qui suit porte uniquement sur l’histoire du Terron, plus théorisée et plus « engagée », peut-être parce que Marie-Rose devançait François Morenas d’une génération, et pour cette même raison plus courte aussi.
« J’ai beaucoup aimé l’Alsace »
À sa sortie de l’Ecole Normale de Valence en septembre 1914, Marie-Rose est nommée institutrice à Lens-Lestang au nord de la Drôme, près de sa Galaure natale. Elle aura « la révélation de la Provence » quand elle ira voir une de ses collègues dans le petit village à demi-ruiné d’Eygaliers près de Buis-les-Baronnies. « Aussi, lorsque je voulus acheter une maison, est-ce vers ce climat que je suis revenue. « (11).
Sept ans plus tard, elle est nommée à Mureils, à trois kilomètres de sa famille. « Ma mère était ravie. » (12) « Mon avenir était de me faire nommer dans leur village, d’y prendre ma retraite, de finir dans son cimetière. Alors j’ai eu peur… J’étais prisonnière de mon milieu pédagogique, de mon pays, de ses habitudes, de mes meubles…j’ai fui. » (13)
Et la voilà en 1927, institutrice en Alsace. « J’aime ce pays. Si je l’ai choisi, c’est à cause de mon attirance pour l’Allemagne depuis toujours. Allez savoir pourquoi. Et aussi parce qu’à l’occasion d’un congrès du syndicat national des instituteurs à Strasbourg, j’étais tombée amoureuse de cette ville. « (14)
À Strasbourg, elle fait connaissance d’un groupe d’étudiants et étudiantes alsaciens qui s’intitule à juste titre « l’équipe » et qui l’adopte en toute simplicité, bien qu’elle soit plus âgée qu’eux. Les rencontres, qu’il s’agisse de débats autour du marxisme ou de courses dans les Vosges, se déroulent toujours dans la plus grande camaraderie. C’est au sein de cette équipe de jeunes communistes que se développe chez Marie-Rose l’idée d’une auberge. « Lorsqu’à Pâques 1932, je partis à la recherche d’une maison pour les vacances de l’équipe d’Alsace, je vins d’abord à Séguret que j’avais souvent admiré de loin. » Marie-Rose y acquiert une grosse bâtisse à l’écart du village, le Terron, sur un chemin qui, à travers bois et collines, mène à Vaison… « Nous y vînmes en août. Nous étions quinze, la plupart Alsaciens. » (15) La maison est « rébarbative » avec ses plafonds crevés, l’équipe se met au travail pour la retaper, mais l’intervention du maçon du village sera nécessaire pendant l’année scolaire 1933-1934.
On discute aussi « politique, questions économiques, littérature » et visite la région. « Les gens du pays nous prenaient pour des boches, soit pour des calotins parce que les filles allaient à la messe, soit pour des bolcheviks parce qu’on avait une fois chanté L’Internationale sur la place. Nos mœurs bohèmes, notre promiscuité, nos habits courts, justifiaient assez la suspicion des gens tranquilles… Nous faisions déjà des rêves fous pour l’avenir de notre maison : du cinéma, de l’astronomie, un centre culturel, une auberge de jeunesse, un refuge des amis de la nature. » (16) À l’automne 1933, « nous décidâmes de faire du Terron une auberge de jeunesse. Nous hésitâmes longtemps entre la Ligue de Marc Sangnier et le CLAJ en formation…la tendance laïque du CLAJ correspondait davantage à nos convictions et nous finîmes par nous y rallier » (17) Dans le guide du CLAJ, il est ainsi fait mention du Terron : 12 lits, ouvert pendant les vacances d’été.
À l’auberge de jeunesse du Terron
En 1934, Marie-Rose est institutrice en Alsace et ne peut donc ouvrir son auberge du Terron qu’aux vacances scolaires d’été. Elle s’en approche en 1936 car elle est nommée dans les Bouches-du-Rhône à Port-de-Bouc et encore plus l’année suivante, puisque mutée à Mormoiron dans le Vaucluse. « Proche du Terron je pouvais m’en occuper toute l’année. » (18) Enfin, à la rentrée 1938, elle obtient un poste à Séguret et peut donc partager son temps entre l’école et le Terron, mais ne peut faire fonction de mère aubergiste que l’été.
Dès la fin du premier été de fonctionnement de l’A.J, Marie-Rose va faire partager son enthousiasme en publiant « Scènes d’Auberge de Jeunesse » (19), souhaitant que son livre intéresse « à notre expérience le plus grand nombre de jeunes (Marie-Rose a quarante ans) et les pousse à travailler avec nous, à remplir les auberges de Jeunesse souvent vides à présent (nous sommes en 1934) « (20).
‘Il faut créer un esprit nouveau… celui que nous prétendons créer se caractérise par :
une nouvelle culture basée sur le marxisme ;
une vie de groupe disciplinée contrebalançant l’individualisme exaspéré de notre époque ;
une camaraderie sincère et désintéressée ;
la joie de vivre retrouvée par la remise en honneur de tous les vrais biens : l’air, la lumière, les arbres, l’eau, la marche, les chants en commun… » (21)
L’équipe du Terron effectue aussi des tournées de propagande. « Nous faisons dans les villages d’alentours des réunions qui se transforment en fêtes populaires. On chantait dans les rues, on s’installait dans une salle de café ou une grange : Violés, Sablet, Aubignan, Buis-les-Baronnies. La soirée débutait par “notre hymne national”, “Ma blonde entends-tu dans la ville…”, continuait par un exposé sur les A.J, un autre sur la politique actuelle, la guerre d’Espagne par exemple, et se terminait par l’Internationale que nous chantions le poing levé comme c’était la mode alors… Nous étions, sinon généralement communistes du moins contestataires. Et nous le disions avec peut-être un peu trop d’agressivité et d’outrecuidance… », concède plus tard Marie-Rose. (22)
Qu’importaient l’inconfort de l’auberge, les repas improvisés, l’essentiel n’était-il pas de retrouver des camarades, d’en rencontrer de nouveaux, de faire partie d’une équipe. Mais « notre équipe qui pendant deux ans avait vécu presque en vase clos, éclata. Les copains fondèrent des A.J ailleurs et s’en occupaient. »
Sur la mixité des auberges, si souvent décriée, Marie-Rose a l’occasion de s’exprimer, également quelques années plus tard dans une feuille distribuée par François Morenas : « La femme doit sortir de chez elle, se mêler à la vie, comprendre la société, chercher des amitiés, s’instruire, faire du sport, du tourisme. Les A.J que d’aucuns traitent d’immorales parce qu’elles sont mixtes ont justement à cause de cela fait beaucoup pour une honnête émancipation de la jeune fille ». (23)
Marie-Rose nous a laissé une statistique assez précise sur les passages annuels du Terron dont nous ne retiendrons que celles des deux grandes années de « l’âge d’or ». (24) :
1936 : 783 nuits, 125 passages dont 70 instituteurs, 10 professeurs, 7 employés, 5
ingénieurs, 12 étudiants, 11 manuels ou commerçants, 10 divers.
1939 : 2007 nuits d’hébergement, 197 passagers dont 37 instituteurs, 9 professeurs, 39 étudiants, 47 manuels et 65 « divers » ou sans étiquette.
Il est difficile d’apprécier l’importance de la fréquentation du Terron faute de comparaison avec d’autres auberges, mais la composition sociologique des passagers appelle quelques commentaires. La forte présence des enseignants et étudiants s’explique par la durée des vacances scolaires dont ils bénéficient. On s’attendait à trouver davantage de « manuels » découvrant les congés d’été, mais ceux-ci sont plus courts et les A.J offrent une structure touristique d’accueil qui ne leur est pas familière. Marie-Rose en a conscience lorsqu’elle écrit : « Nous devons créer notre tourisme ; il doit être prolétarien dans ses moyens et dans ses buts. » (26)
Septembre 1939 : c’est la guerre. Marie-Rose ferme l’auberge. Quelques mois plus tard, sur injonction de Daladier, l’Inspecteur d’Académie la somme de se démettre du Parti Communiste. Accusée de propos défaitistes tenus en classe, elle est suspendue de ses fonctions en mars 1940. « Ainsi, fus-je vraiment soulagée, dit-elle, quand je reçus l’ordre, le 24 juillet, d’être le 1er août, à mon nouveau poste, à la Bastidonne, près de Pertuis. » (27)
Dans le Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier, Francis Roux consacre une longue notice à Marie-Rose Achard, qu’il termine ainsi : « Elle y vécut une partie de la période d’occupation, revenant parfois clandestinement au Terron ». En 1944, alors qu’elle séjournait chez des amis à Avignon, elle se trouve ensevelie un moment, avec eux, dans un abri anti-aérien lors d’un bombardement allié. (28) Quelques mois plus tard, elle retrouve son poste d’institutrice à Séguret.
LES AMIS DU TERRON
« La guerre finie, qu’allions-nous faire du Terron ? J’essaierai de prendre contact avec le nouveau mouvement. Mais je ne me sentais pas dans le bain…Je décidai d’en faire un centre d’accueil bénévole ouvert à tous, comme à des amis… Le Terron commença alors une deuxième carrière, la plus longue, moins spectaculaire, plus originale…
En 1945, François Morenas, abandonnant son Calavon (28bis) vient ouvrir une A.J à Séguret, dans le vieil hospice désaffecté depuis longtemps, admirablement situé sous le rocher, en haut du village. Nous avons fondé ensemble un petit journal, “Ici Regain-Terron”, où nous essayions de battre le rappel des anciens. Je profitais des usagers de François qui prenaient en général contact avec le Terron. »
François Morenas reste peu à Séguret, son village natal, faut-il le rappeler, et retourne à « Son Calavon ». De 1947 à 1950, l’A.J est alors tenue par Colette Bock, une ancienne du Terron. (30) Elle fermera peu après, les passagers étant en nombre insuffisant.
Laissons parler Marie-Rose : « C’est en quarante-six que je fondais moi-même “Atmosphères”, une petite revue qui se voulait populaire, mais qui ne dépassa pas le quatrième numéro. J’avais publié “Atmosphères” sous le patronage des “Amis du Terron”, une société qui n’a jamais officiellement existée… On est même allé jusqu’à constituer un bureau ! » La composition du bureau et la liste des responsables aux diverses activités qui lui ressemble beaucoup comprennent les ajistes d’avant-guerre, mais aussi des nouveaux, la proportion d’enseignants est toujours très forte. (31) Les activités correspondent aux buts suivants : tourisme, culture, solidarité, communauté, mais elles resteront à l’état de projets. (32)
« Les amis du Terron », on ne parle plus de l’association, mais les amis restent, fidèles et nombreux. Aussi, Marie-Rose leur adresse-t-elle ses vœux pour 1956 dans un dépliant illustré de photos. « Le Terron vit toujours. Mais en marge, à la sauvette. Il héberge des amis, les amis des amis, des passagers au hasard. Gratuitement pour ne pas inquiéter le fisc et la gendarmerie. Ouvrir une AJ serait une grosse charge pour moi. Pourtant, pourquoi priver les usagers de cet abri, de la fraîcheur de sa source, de la tranquillité de ses nuits ? Pourquoi me priver des possibilités éblouissantes d’amitié que m’apportent mes hôtes ? »
1974 – « Cette maison ! Le manque de moyens m’a sauvée de la tentation d’y ajouter des terrasses, des pigeonniers. Elle est restée fruste et sauvage… Elle est restée une grande maison ouverte comme je l’avais rêvée. » (33)… Jusqu’à son décès en août 1983.
Dans la rédaction de ses souvenirs, Marie-Rose a accordé la priorité à l’auberge du Terron. Plus tard elle a évoqué ses débuts d’institutrice dans la Drôme. (34) De son séjour en Alsace, qui a suivi de 1927 à 1936, elle n’a confié que quelques lignes à son biographe (35) « J’ai été très tôt adepte de Freinet. » (36) « Dès 1935, Je faisais l’imprimerie à l’école. J’ai subi bien des tracasseries…le directeur des mines de potasse de Staffelfelden a demandé qu’on me déplace. » À Séguret, elle s’inspire encore de la pédagogie Freinet et ses élèves impriment un journal scolaire. Ils n’oublieront pas l’excellente « maîtresse » qu’ils ont eue, non plus que la mère aubergiste qui a porté très loin la réputation de leur village en donnant en 1988 son nom à l’école maternelle qu’ils ont adjointe au groupe scolaire où elle a enseigné.
Francis Roux a justement estimé que « son influence sociale et humaine dépassa largement le cadre de sa petite école. » (37).
Marie-Rose admettait qu’elle avait été une « pionnière » des AJ. (38) et Patricia Latour, dans une formule simple, mais éloquente, a pu la ranger parmi les « femmes de 36 ». (39)
René Grosso +
Bulletin IHS CGT Vaucluse n°20, décembre 2013
NOTES
- Dans sa thèse La Ligue de l’Enseignement, Confédération générale des Œuvres laïques (1919-1939) Nathalie Sevilla cite Georges Lapierre pour la création du CLAJ (L’école libératrice, histoire d’une négociation, 6 mai 1933) et précise, soit André Delmas et Georges Lapierre (Vice-président pour le SNI), Million (Président) et Botterau pour la CGT, Vestizon et Chavanne pour la FGE.
- Claude Willard, Histoire de la France contemporaine, Dir. Jean Elleinstein, tome V, ed. sociales, 1980.
- Colette Vallette, AJ et Ajiistes, les auberges de jeunesse, in François Morenas, Clermont des lapins, les Alpes de lumière, 1992.
- Jean Giono, Précisions. Grasset, 1939, p.8.
- Jacques Chabot, La Provence de Giono, ED. Sud, 1987, p.47. Giono a publié Que ma joie demeure chez Grasset en 1935.
- Association pour l’animation et le développement touristique d’Opoède, Justin Grégoire, catalogue de l’œuvre graphigue, Oppède, 1990.
- Colette Vallette, op.cit.
- Luc Decaunes, L’apprentissage de la joie, Almanach de l’Humanité, 1938, p.254.
- Richard Darmon, le renard en son repaire, Le Monde dimanche, 27 juillet 1980.
- CF, note 6.
- Marie-Rose Achard, Partir à la conguête, 1978, p.97.
- Id. p.113.
- Marie-Rose Achard, Seppi l’Alsacien, 1977, p.78.
- Id.
- Marie-Rose Achard, La belle aventure, 1974, p.17
- p.19.
- En juin 1936, en Vaucluse, leTerron est la seule AJ adhérente au CLAJ (« Pour l’ère nouvelle », N° 118).
- Id.
- Marie-Rose Achard, Vers un nouveau monde. Scènes d’Auberge de jeunesse, 1934, 1935.
- Id, préface.
- Id, op cit. p.29.
- La belle aventure, op. cit. p.29.
- Marie-Rose Achard L’émancipation des femmes, Foro di Barri, juin 1944, reproduit dans François Morenas, Clermont des lapins, op. cit. p.57.
- La belle aventure, op. cit. p. 57.
- Jacques Kergoat, op. cit. cf note 1, relève leur proportion également très forte chez les usagers de Regain à la même époque, mais extrapole sans doute un peu vite en appliquant de telles données à l’ensemble du pays (p.314), alors que le Terron et Regain se singularisent, ainsi que nous l’avons vu, par un esprit particulier. L’appréciation d’une institutrice sur Marie-Rose : « Une institutrice cultivée, poète, amoureuse de la Provence, de sa maison de Séguret. » (Cité par Jacques Girault, Pour une école laïque du peuple, Publisud, 2009, p. 24.
- Vers un nouveau monde, op. cit. p.82. Pour sa part, Léo Lagrange déclare : « La classe ouvrière a su conquérir ses loisirs, elle doit maintenant conquérir l’usage de ses loisirs. » Cité par H. Nogueres, p.288.
- Marie-Rose Achard, Le livre des pures amours, 1982, p. 27.
- La belle Aventure, op.cit p.60. (28 bis) Rivière du bassin d’Apt, affluent de la Durance.
- _Pour l’anecdote : le même hospice avait abrité en 1939 un camp de jeunes doriotistes.
- La belle aventure, op. cit. p.81.
- Atmosphères, n° 3, nov.1946, p.31.
- Lors de la grande grève des mineurs de l’automne 1948, des organisations de jeunesse vauclusiennes s’élèvent contre les mesures de violence à l’égard des travailleurs et appellent leurs adhérents à tout mettre en œuvre pour aider les jeunes mineurs par des collectes, des envois de vivres et l’accueil des enfants. Ce sont la Jeunesse Agricole Catholique, l’Union de la Jeunesse Républicaine de France, la Jeunesse Ouvrière Catholique, le Mouvement Laïc des Auberges de jeunesse, l’Union Française des Auberges de jeunesse. Les Ajiistes signataires sont Lucien Perret pour le MLAJ, Pierre Onic pour l’UFAJ, tous deux « Amis du Terron ». (La Marseillaise, samedi 30 octobre 1948)
- La belle aventure, op. cit. p.9.
- Marie-Rose Achard, Et la quête continue, 1980 : Partir à la conquête, op. cit.
- Lettre de Francis Roux, 24 février 1975, Arch. F.Roux.
- Sur Célestin Freinet, cf L’hebdo de l’actualité socialeO, 11-17 oct. 1966. N’y avait-il pas parenté d’esprit entre les AJ et l’Ecole Moderne de Freinet qui déclarait : << Un maître est un grand camarade qui daigne s’intéresser à la vie enfantine. L’esprit d’équipe et de solidarité s’éveille dans la collectivité. » (C.Freinet, Plus de manuels scolaires, Saint-Paul, A-M. (1928). On ne s’étonnera pas que la coopérative de l’enseignement laïc, émanation du mouvement Freinet, ait publié une brochure sur les auberges de jeunesse (Bibliothèque du Travail, N° 117, 1erjuin 1950). Ne peut-on rappeler aussi que Justin Grégoire, dans son école d’Oppède, est resté « fidèle aux idéaux de sa jeunesse » en pratiquant une pédagogie de « l’épanouissement de l’homme » (René Mathieu, cf note 6).
- Francis Roux, notice sur Marie-Rose Achard, dans le Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier français. On se reportera utilement à cette notice, bien qu’arrêtée en 1944, pour des précisions biographiques volontairement omises ici.
- Lettre à Francis Roux, cf note 35.
- Patricia Latour, Le 36 des femmes, le temps des cerises, 2006, p.218.


