Hans Breuer – En mémoire du 75ᵉ anniversaire de sa naissance

Le 30 avril 1958 marquait le soixante-quinzième anniversaire de la naissance d’Emil Johannes Breuer, né en 1883 à Gröbers, dans la province de Saxe. Quarante ans plus tard, le 20 avril 1918, il trouvait la mort près de Verdun, suite à bombardement, alors qu’il servait comme médecin de régiment adjoint. Son nom est aujourd’hui peu connu ; pourtant, son recueil de chants Der Zupfgeigenhansl, diffusé à des millions d’exemplaires et devenu, depuis sa première parution en 1909, le compagnon fidèle d’innombrables jeunes gens, demeure le témoignage vivant de sa volonté d’offrir au mouvement Wandervogel la chanson populaire comme « l’expression artistique de ses idéaux ».

Après avoir passé ses premières années à Gröbers et à Bunzlau, Breuer arriva en 1898 à Steglitz. Peu de temps auparavant, Karl Fischer y avait lancé l’appel à la création du groupe de randonnée scolaire qui prit plus tard le nom de Wandervogel, et auquel Breuer adhéra rapidement. À propos de l’évolution du chant au sein du mouvement, il écrit lui-même :

« Les chansons de prédilection du Wandervogel ont changé comme les modes parisiennes : chansons à boire, airs, complaintes et chants de gymnastes. Enfin, le chant populaire est arrivé, calmement et sans prétention. »

Hans-Breuer_1911
Hans-Breuer_1911

Breuer dut sa première rencontre avec le chant populaire à son professeur Max Pohl, qui savait demeurer jeune auprès de ses élèves et leur transmit son amour du chant authentiquement populaire. Chez le jeune étudiant en médecine mûrit alors l’idée d’un recueil de chants, qu’il commença à concrétiser dès 1907 avec quelques amis.

Ce qui était resté enfoui dans de vieux manuscrits et imprimés, conservé dans des ouvrages savants ou encore vivant dans la mémoire du peuple, fut rassemblé avec soin. Toutefois, ne fut retenu que ce qui avait fait ses preuves dans la pratique du chant collectif. Contre toute attente, la chanson populaire suscita un enthousiasme profond chez la jeunesse, qui pressentait instinctivement ce qu’elle portait de noble et de pur et se livrait volontiers à ses forces créatrices.

D’édition en édition, malgré une sélection toujours plus rigoureuse, le volume du Zupfgeigenhansl s’accrut ; et pourtant, il ne contenait presque aucun chant qui ne fût pas réellement chanté. Son contenu devint bientôt si familier à la plupart des membres du Wandervogel que le livre lui-même en devenait superflu. Avec cet ouvrage, Hans Breuer posa la pierre angulaire du Mouvement de la musique de jeunesse (Jugendmusikbewegung), qui se développa avec fougue peu après sa mort et exerça une influence croissante sur la vie musicale allemande, à l’église, à l’école, au foyer et bien au-delà.

Même si le Zupfgeigenhansl peut aujourd’hui paraître dépassé, après avoir accompli sa mission, le message que Breuer portait demeure aussi valable aujourd’hui qu’autrefois :

« Honore le chant populaire ! Reconnais en lui, et par lui, ta véritable nature ! Connais-toi toi-même ! Mais reconnais aussi ce que les temps anciens ont façonné et créé en toi. Reconnais ton essence allemande, ta singularité, à travers les œuvres impérissables de tes ancêtres. »

Ameln, Konrad, « In Memoriam: Hans Breuer–Zum Gedenken an seinen 75. Geburtstag », Musica: Monatsschrift für alle Gebiete des Musiklebens 12/5 (Kassel, Germany: Mai 1958), 296-297.

Similar Articles

Comments

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Populaire