Sonnet de Jean Girard

L’or est rouge et massif et son relief s’embrase
Aux rayons du soleil filtrant sur le vitrail ;
Le crépuscule en feu fait scintiller l’émail
De quelque riche amphore ou quelque étrange vase.
Dans la splendeur nacrée de l’écume qui jase
L’assyrienne aux colliers d’argent et de corail
Se baigne toute nue, sous le lourd éventail
Que l’esclave Spartiate agite sans emphase.
Sur de moelleux coussins apportés de Carthage,
Caligula, rêveur, ne daigne plus rien voir ;
Seul devant ces trésors qu’Incitatus partage,
11 regarde venir la pénombre du soir.
Et les yeux dans l’oubli, l’opulence et le [noir.
Il rêve à son char d’or dépourvu d’attelage.

Jean Girard – Au devant de la vie, Novembre 1937, première année n°3

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